Les centrales nucléaires du Canada ont évité des pertes de centaines de millions de dollars en production d’énergie et ont évité des gigatonnes d’émissions de dioxyde de carbone, grâce à des recherches sur les causes et à la prévention des fuites des réacteurs. Le problème sous-jacent a été résolu, ce qui a permis à un projet d’exportation de réacteurs de plusieurs milliards de dollars de se poursuivre en toute confiance, soutenant ainsi des milliers d’emplois pour les Canadiens. La valeur des bénéfices de ces travaux de recherche menés sur une dizaine d'années est du même ordre de grandeur que la valeur actuelle de tous les investissements du Canada dans les laboratoires de faisceaux de neutrons sur 70 ans, soit environ 750 millions de dollars.
Ces impacts résultent de l'utilisation de l'analyse neutronique des contraintes pour examiner les fissures dans les composants clés des centrales nucléaires. Ces fissures ont provoqué des arrêts imprévus d'une centrale électrique, se soldant par un coût de plus de 50 millions de dollars. Les résultats des analyses neutroniques ont assuré à l'organisme de réglementation que la centrale pouvait être redémarrée en toute sécurité, évitant ainsi de nouvelles pertes. L'analyse neutronique des contraintes a permis au parc de réacteurs du Canada de fonctionner de manière fiable depuis 2001. L'Ontario a ainsi pu fermer ses centrales au charbon et d'éliminer les "jours de smog" à Toronto.
Aujourd'hui, la recherche sur les faisceaux de neutrons vise à produire plus de 10 milliards de dollars de valeur ajoutée en faveur de l'expansion nucléaire du Canada. Le gouvernement canadien, tant au niveau fédéral que provincial, investit actuellement dans des projets de démonstration de petits réacteurs modulaires (1 milliard de dollars) ainsi que dans des projets de rénovations et d'achat des réacteurs à grande échelle (plus de 25 milliards de dollars). Ces investissements pourraient se traduire par un chiffre de 100 milliards de dollars d'opérations industrielles au fur et à mesure de l'expansion du parc nucléaire canadien. En générant des connaissances précises sur les combustibles et les matériaux innovants pour les composants critiques des réacteurs, afin de déterminer leur aptitude au service, le Canada peut qualifier des innovations susceptibles de générer des avantages de plusieurs milliards de dollars. On peut par exemple citer l'allongement de la durée de vie des réacteurs de 40 à 60 ans entre les rénovations successives, ou la réduction des coûts de construction et d'exploitation des SMR (petits réacteurs modulaires), tout en préservant un fonctionnement sûr, fiable et économique.
